Retour à l'accueil

Ghostland

Réalisé par : Pascal Augier

Sortie : 14 March 2018

Ma note : 19/20

Ma critique :

Dans les couloirs du métro parisien, difficile de passer à côté de l’affiche de « Ghostland ». Sur un fond noir, une jeune femme brune aux cheveux longs nous fixe droit dans les yeux, à la manière de Jodelle Ferland sur la célèbre affiche de « Silent Hill ». Son visage, qui semble être fait de porcelaine, est fissuré en plusieurs endroits, rappelant celui de Natalie Portman sur l’affiche de « Black Swan ». Sous le titre du film, on découvre le nom du réalisateur : Pascal Laugier, à qui l’on doit « Saint Ange » (2004), « Martyrs » (2008) et « The Secret » (2012). Pour ceux qui ont été traumatisés par l’extrême violence de « Martyrs », le simple nom de Pascal Laugier constitue un avertissement et une invitation à se préparer psychologiquement avant d’entrer dans la salle de cinéma. Pour les autres – notamment ceux qui, comme moi, n’ont vu que « The Secret » et l’ont déjà oublié – « Ghostland » a été l’occasion de découvrir le style de ce cinéaste français spécialiste des films d’horreur.

Pour ce quatrième long-métrage, Pascal Laugier nous amène dans le Manitoba, une province de l’ouest canadien située dans la région des prairies. Pauline et ses deux filles Elizabeth et Vera emménagent dans une grande maison isolée. Ce déménagement rejoint immédiatement « Panic Room » (2002) sur la liste des déménagements cauchemardesques puisque, le soir même, deux psychopathes font irruption dans la maison. Cette maison américaine du 19ème siècle ressemble étrangement à celle de l’excellent « Signes ». Ces maisons occupent une place si importante dans ces deux films qu’elles pourraient être considérées comme des personnages à part entière. Elles sont le théâtre d’événements extraordinaires qui poussent les personnages dans leurs derniers retranchements. Dans « Ghostland », la maison n’est pas particulièrement biscornue mais Pascal Laugier la filme d’une telle manière qu’elle nous paraît être un véritable labyrinthe. Il s’agit presque d’un troisième agresseur qui, par ses portes verrouillées, ses couloirs étroits et ses recoins effrayants, donne énormément de fil à retordre aux personnages.

Auréolé du Grand Prix lors festival du film fantastique de Gérardmer, « Ghostland » est un film d’horreur glaçant, malsain et terriblement oppressant qui ne laisse aucun répit à ses spectateurs. Le récit est ponctué de jump scares incroyablement efficaces, qui achèvent d’affoler notre rythme cardiaque. Le scénario, écrit par Pascal Laugier, est un bijou dont le rebondissement majeur scinde le film en deux parties distinctes. Le scénariste-réalisateur français manipule notre perception de l’histoire en exploitant les ressources offertes par le point de vue. Cet élément a une valeur inestimable au cinéma puisque une même histoire peut être totalement différente selon le point de vue que l’on adopte c’est-à-dire selon la personne qui raconte l’histoire. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la série « The Sinner », qui nous balade dans les méandres de l’esprit d’une femme atteinte d’un syndrome post-traumatique, est une telle réussite. La série « The Leftovers » s’est également amusée avec les points de vue dans sa prodigieuse deuxième saison.

L’œuvre extraordinaire qu’est « Ghostland » est sublimée par un casting fabuleux. Pour les besoins du récit, les deux adolescentes sont incarnées par plusieurs actrices (Emilia Jones et Crystal Reed pour Beth, Taylor Hickson et Anastasia Phillips pour Vera). Toutes jouent remarquablement bien et ont su parfaitement se coordonner pour que l’ensemble soit cohérent. Leur mère est incarnée par Mylène Farmer, qui nous surprend agréablement dans ce rôle dénué d’artifices. Nul doute que, désormais, le nom de Pascal Augier sur une affiche de cinéma dans le métro parisien m’interpellera…

Catégorie : Films

Sous-catégorie : Horreur

Je m'abonne à la newsletter
Retour à l'accueil